Journal intime d’April

Journal Intime d’April dans lequel nous pouvons lire tout ce qu’elle y rapporte depuis ses 18 ans. Un élément important qu’il ne faut pas hésiter à consulter fréquemment.

Avant le jeu

14 avril 2209. Un vendredi.

Joyeux anniversaire à toi, ma petite April ! Les chiffres magiques : dix-huit ! Quel bonheur… enfin, si on veut, car je voudrais pas jouer les rabat-joie, mais 18 ans, c’est pareil que 17 ans. La seule différence, c’est que maintenant, j’ai le droit de m’acheter une arme et de piloter un aéroglisseur. Moi qui m’imaginais que le chiffre 18 éclairerait mes pensées d’un jour nouveau et me révèlerait une vérité universelle. Comme le sens de la vie, par exemple, ou au moins quelque chose qui expliquerait pourquoi tous les mecs sont de parfaits imbéciles. Mais… non. Rien du tout. Je suis aujourd’hui la même personne qu’hier. Pas la moindre différence. La même vieille April mourant d’ennui, prisonnière d’une même petite vie sans intérêt. Ce qui m’amène à prendre conscience de quelque chose d’important : il FAUT que je parte d’ici sans plus attendre. C’est une évidence. Il n’y a rien pour moi ici, aucun avenir, et un passé que je préfèrerais oublier. Et je sais où je veux aller. A l’Académie des Arts Visuels de Venise, à Newport.

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Je ne sais pas s’ils accepteront de me prendre pour la session d’automne, mais il FAUT que j’essaie. Sarah y est allée l’an dernier, et elle serait d’accord pour m’héberger chez elle pendant quelque temps, jusqu’à ce que je trouve un boulot et un appartement.

Le fait d’envisager mon départ m’effraie et m’excite à la fois. Ça m’inquiète un peu car je ne me suis jamais vraiment retrouvée seule, et je ne suis jamais allée à Newport. Et en plus, j’ai peur que ce « bon vieux papa » découvre le pot aux roses et me force à rester. Non pas qu’il en ait le droit, mais il utilisera tous les moyens, ça j’en suis sûre. Et d’un autre côté, c’est vraiment excitant aussi ! Je n’imagine même pas la nouvelle vie qui m’attend dans un endroit comme Venise ! D’après ce que j’ai vu et entendu, ça a l’air GENIAL – il y a tout plein de petits cafés et des canaux entrecroisés comme dans la « vraie » Venise, en Italie, et la plupart des gens qui y vivent sont jeunes et créatifs et ils n’ont pas peur d’être originaux ni de penser autrement. Ce qui me changera un peu de ce trou à rats.

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22 avril

Aujourd’hui, j’ai appelé l’Académie pour connaître leurs conditions d’admission et ils m’ont demandé d’emmener des échantillons de mes travaux avec moi lorsque « j’irai me présenter ». Ils n’ont pas vraiment d’exigences particulières, tout ce qu’ils veulent, c’est des gens qui aient du talent, qui soient passionnés et qui n’aient pas peur de travailler dur. La dame à qui j’ai parlé était très sympa, mais elle ne m’a rien promis. Elle m’a dit qu’il y avait beaucoup de demandes et un nombre de places limité. Je sais que mon travail est bon, bien que je manque un peu de pratique. Et je suis vraiment passionnée et travailleuse. Alors pourquoi est-ce que je suis si angoissée ?

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1er mai

Désolée d’avoir laissé mon journal de côté, mais avec les examens et tout ce qu’il y a à faire juste avant, j’ai pas vraiment eu le temps. Je sais, je sais, MAUVAISE excuse. Mais promis, à partir d’aujourd’hui, je prends le temps, et je tiens mon journal à jour !

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25 mai

Honte sur moi ! Trois semaines de silence complet ! Quand je reprends mes anciens journaux intimes, je me demande quand et comment je trouvais le temps d’écrire autant et si souvent ! Bon tant pis, je vais essayer de me souvenir de ce qu’il s’est passé au cours de ces dernières semaines…

D’abord, j’ai réussi tous mes examens avec mention (évidemment, voyons !), et demain matin, je quitte la maison. Hé oui, je fais le grand saut vers l’inconnu, et je ne reviendrai jamais ici. J’ai retiré tout l’argent que j’avais à la banque (12 000 F) et j’ai fait une valise et un sac avec mes vêtements, des esquisses, des livres et tout ce dont je ne peux vraiment pas me passer. Malheureusement, je suis obligée de laisser beaucoup de choses : mes vieux jouets, certaines des toiles les plus grandes, mon écran. Et là, impossible de demander à Maman de mes les expédier plus tard… Je laisse une lettre à ma famille, mais je ne leur dis pas où je vais. 18 ans sous surveillance constante, ça suffit, je ne tiens vraiment pas à m’encombrer de ce FARDEAU dans ma nouvelle vie.

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Assez bizarrement, en faisant mes valises ce matin, je me suis soudain souvenu de quelque chose que j’avais oublié depuis bien longtemps. Quand j’étais petite, je rangeais tous mes dessins dans un carton que je cachais sous les lattes du plancher pour que papa ne les retrouve pas et ne me gronde pas parce que je perdais mon temps. Le carton était à l’endroit exact où je l’avais mis, il y a plus de six ans. J’ai pas eu spécialement envie de revoir ces dessins tout de suite, alors je l’ai refermé et je l’ai mis dans mon sac. Je l’ouvrirai quand j’arriverai à Venise. Le moment est sans doute mal choisi pour avoir la nostalgie de mon enfance, mais je suis contente de m’être rappelée de ce carton.

L’heure H est pour cette nuit. Je me tire d’ici à 4 heures du matin pour prendre le train de Greenvale, et de là, direction la GRANDE VILLE elle-même : Newport. Ce soir, au dîner, je verrai maman, papa, Daniel et Owen pour la dernière fois avant longtemps. Ça m’est complètement égal de ne plus jamais revoir papa, mais je suis un peu triste pour maman. Elle ne semble pas trop s’en faire pour moi, mais je sais que je lui manquerai, et je sais qu’elle se sentira très coupable d’avoir fermé les yeux sur la façon dont il m’a traitée pendant toutes ces années. Et pour Danny et Owen, vraiment, je ne sais pas. Danny est un abruti, il pourrait (théoriquement) s’améliorer, mais je doute qu’il en ait envie. Quant à Owen, c’est encore un gamin, il a peut-être quelques chances, mais tant que papa est là, franchement, je suis pas très optimiste…

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Je vais à l’étang ce soir, pour dire au revoir. Ça fait très longtemps que je n’y suis pas revenue, depuis ce jour HORRIBLE. Il faut que je le voie une dernière fois, ou je n’arriverai jamais à le chasser de mes pensées. Et pour mes amis, je n’ai pas spécialement envie de leur dire. Je leur écrirai de Newport. De Venise.

C’est donc la dernière page que j’écris de cette maison, de cette chambre. C’est assez étrange et j’ai un peu de mal à m’expliquer pourquoi, mais elle me manquera. Pas beaucoup, mais quand même, j’ai grandi ici, j’ai passé 18 ANS… oh mon dieu… dans cet endroit, et je ne suis pas prête de les oublier. Je ne veux pas me sentir coupable pour ce que je fais, mais je ne peux pas m’en empêcher ; je culpabilise quand même un peu. Mais par dessus tout, je suis impatiente de savoir ce que demain me réserve. Je me dis – oui, je suis même persuadée que je pourrais peut-être être heureuse ! … rien que d’y penser…

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1ère page pendant le jeu

Vendredi 28 juillet 2209.

Je me suis réveillée aux aurores… et j’ai même pas envie d’ESSAYER de décrire mon rêve de la nuit dernière. Exit, les contes de fées ! Il serait peut-être temps de passer aux choses importantes de la vie… comme les mecs et les fringues, par exemple ! Je viens d’avoir une révélation : l’exposition commence dans moins de deux semaines ! Mes « oeuvres » – et je dis ça au sens le plus large du terme – sont bien loin d’être présentables. Et même là, je suis optimiste ! Tout ce que j’ai, c’est une toile blanche, et même si ça peut emballer CERTAINES personnes (celles qui y verront « une expression étonnante du NEANT »), ça m’étonnerait que mes professeurs s’en contentent. Alors aujourd’hui, je vais au studio et c’est parti pour six heures de travail intensif, en espérant que l’inspiration divine me tombe dessus. On peut toujours rêver, non ?

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Vendredi matin (encore)

OK, je suis, disons, sur le point de partir à l’école. Je suis à moitié endormie, j’ai chaud (la chaleur a été insupportable ces jours-ci, c’est un euphémisme), et je voudrais arriver au studio le plus tôt possible… D’un seul coup ce type, Cortez, qui est assis devant la maison comme TOUS LES JOURS, m’appelle… Bon, OK, j’ai rien contre lui, personnellement. Je lui cause rapidos de la pluie et du beau temps, histoire de m’en DEBARRASSER, et puis…

Comment pouvait-il savoir que j’avais fait des cauchemars ? A moins qu’Emma ou Charlie ou Fiona lui en aient parlé – et je sais que ce n’est pas le cas – comment pouvait-il savoir ? Je sais bien qu’il est cinglé, mais de là à penser que que j’ai une sorte de « mission » ? Ce type a dû avaler trop d’Extas ou je sais pas trop quoi dans sa vie antérieure…

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C’est vendredi après-midi, et j’ai vraiment bien avancé sur mes toiles ce matin ! Incroyable, non ? Qu’est-ce qui a déclenché cette avalanche (bon OK, ça ressemblait plutôt à une légère brise pour être honnête) de créativité ? La tasse de chocolat que j’ai bue hier soir ? Le temps ? Mes désirs sexuels refoulés ? Mes rêves ?

Sûr, un cauchemar avec un arbre qui parle – non, c’est pas tout à fait ça, un « Esprit du bois » – un dragon femelle, et un… quoi déjà, un Vortex du Chaos ?… y’a rien de tel pour libérer un certain type d’énergie créatrice. Ouais, faut bien le reconnaître.

Donc, je travaille à ma peinture pendant quelques heures, puis Emma débarque et me lance carrément une bombe au visage. Ce… mec, Cortez. Il veut me rencontrer. Et le pire, c’est que ce serait trop simple pour lui d’indiquer l’endroit où il veut qu’on se voie : monsieur préfère charger Emma de me transmettre une devinette, que je suis censée résoudre. « Là où les enfants visualisent leur rêves. » Bon sang. Ce type est complètement cinglé. Il peut bien m’attendre « là où les enfants visualisent leur rêves » jusqu’à la fin de l’été, si ça lui chante.

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Là, je crois que je touche vraiment le fond. Je savais bien que mes cauchemars finiraient par réduire mon cerveau en bouillie, mais je n’aurais jamais imaginé que je commencerais à VOIR des choses. Mais c’était bien là, plus vrai que nature, et je suis en train de me demander si je dois me faire interner tout de suite ou après le dîner ? Car ma pauvre April, faut bien te rendre à l’évidence : ce que tu as vu aujourd’hui n’est pas exactement le fruit d’un esprit sain. Pour voir des holosculptures prendre vie, faut être sous l’emprise de substances hallucinogènes ou être complètement fêlé. Mais là encore, si je suis VRAIMENT folle, pourquoi est-ce que je ne vois pas des lapins en peluche rose qui volent, en ce moment ? Et comment ça se fait que personne n’ait remarqué que j’avais un comportement étrange ? Je crois que je devrais… et ça me fait bien mal de le dire… je crois que je devrais quand même discuter avec ce Cortez après tout, car il a dit quelque chose à propos de mes cauchemars qui allaient devenir réels… OK, maintemant JE SAIS que je deviens folle !

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Finalement « l’endroit où les enfants visualisent leurs rêves », c’est l’exposition de la « Douleur croissante », qui se tient à la Galerie romaine. C’est juste après le pont Watertown, dans Venise Ouest, trop loin pour y aller à pied, faut que je prenne le métro. C’est une exposition des « oeuvres » des enfants de la ville, et je suppose que le thème, c’est les « rêves ». Et les rêves, par une étrange ironie du sort, ont constitué l’ESSENTIEL de mes préoccupations, aujourd’hui.
C’est donc à la Galerie romaine. Je peux pas dire que ça m’emballe. Le señor Cortez serait plutôt du genre à me donner la chair de poule. Mais j’ai vraiment besoin d’avoir certaines réponses, alors bye-bye les hésitations et bonjour le « destin ».

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Toujours vendredi (une journée bien remplie pour mon cher journal, bien remplie et BIZARRE), fin d’après-midi…

Cortez est… comment le dire en restant polie ?… bel et bien à côté de la plaque. Non mais c’est vrai quoi, il déblatère pendant des heures sur la vérité de l’art, et au bout du compte, il me dit que c’est PAS de ça dont il voulait me parler. Et quand je lui demande pourquoi c’était si urgent qu’on se voie, il me dit que ça peut attendre jusqu’à demain ! Bon, si c’est lui qui le dit.

Il se passe quelque chose d’étrange, je le sais. Et maintenant je suis certaine que ce n’est pas seulement moi qui perds les pédales… sinon qu’est-ce que Cortez viendrait faire dans cette histoire ? Bon dieu, mais que SE PASSE-T’IL donc ? Et est-ce que Cortez a vraiment des réponses ? J’ai absolument AUCUNE envie de revoir ce type. Il me fait une peur bleue, j’y peux rien. Mais j’en suis au point où je me demande si j’ai vraiment le choix ? Franchement, est-ce que j’ai le choix ?

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Juste un petit rappel, April Ryan :

TU TRAVAILLES CE SOIR ! SOUVIENS T’EN ! ECRIRE EN GROS « NE PAS OUBLIER » ! STAN T’ETRIPERA SI TU N’ARRIVES PAS A L’HEURE !
Bon, ça marche. Apparemment, Sandra, cette nana formidable que j’aime vraiment beaucoup (hum !), « est tombée malade »…encore … Accro aux Extas, oui. Mais je me trompe peut-être. Quoi qu’il en soit, ça me dérange pas du tout d’encaisser à sa place !

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Samedi 29 juillet 2209

Dans quelques centaines d’années, si mes arrière-petits-enfants farfouillent dans le grenier et retrouvent ce cahier, ils vont probablement bien se marrer. Je suis même pas tout à fait sûre d’avoir envie de raconter ce qu’il s’est passé hier soir, car franchement, il n’y a aucun risque pour que je l’oublie. Vraiment aucun risque. Et il vaut peut-être mieux que les générations futures n’en sachent RIEN. Ce dont je suis sûre, en tout cas, c’est que quoi qu’il se passe, c’est pas seulement dans ma tête. C’est dans la tête de tout le monde. On en a eu la preuve évidente la nuit dernière. Ce qui m’amène à me poser la question suivante : les choses que j’ai vues, mes rêves… qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas, dans tout ça ? J’ai bien peur que la seule personne capable de répondre à cette question soit Cortez. Quelle ironie du sort, quand même. Que pour me prouver que je ne deviens pas folle, je doive parler à la seule personne dont la parfaite folie ne fait aucun doute… Quelle façon géniale de commencer le weekend !

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Je me suis fait une promesse solennelle concernant ce journal intime. Le jour même où je l’ai rencontré, je me suis jurée de ne jamais mentionner le nom de Zack Lee dans ces pages. JAMAIS. Bon. Mais après tout, les promesses sont faites pour être rompues, non ? Mais celle-là, honnêtement, j’aurais préféré ne pas avoir à la rompre. C’est pas seulement parce que c’est un connard. C’est bien le cas, mais c’est pas ce qui me gêne. Et c’est pas non plus parce qu’il me tourne autour en permanence, ni parce qu’il vit de l’autre côté du couloir, ni parce que chaque fois que je prends une douche il entre PAR HASARD dans la salle de bains, ni parce qu’il est plus immature qu’un enfant de quatre ans et qu’il a le vocabulaire et l’imagination d’un gamin de quatorze. Non, ce qui me dérange le plus chez Zack, c’est les AIRS SUPERIEURS qu’il se donne. Il se prend vraiment pour un être EXCEPTIONNEL. Et quoi que je dise pour le décourager, il ne veut pas comprendre. Lui demander de l’aide, ça va vraiment à l’encontre de tous mes principes. Mais apparemment, si je veux trouver Cortez rapidement, j’ai pas vraiment le choix.

Quelle humiliation…

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D’après Zack, je pourrai trouver Cortez en ville, dans le quartier du métro, au « théâtre Mercury » (même moi, je sais que c’est une référence à Orson Welles). Ça ne m’étonne pas du tout, car je me souviens qu’il a dit quelque chose à propos des vieux films hier matin. Il faudra que je prenne le métro pour y aller. Oh, vraiment, je suis impatiente – j’aime tellement le quartier du métro. Les prostituées, les dealers, les ordures en décomposition, les touristes… oh oui. Charmant.

Note perso : la prochaine fois que tu acceptes un RENDEZ-VOUS avec ZACK LEE, emmène quelqu’un avec toi pour te tirer une balle dans la tête. Ça vaudra mieux !

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A Arcadia. C’est toujours samedi ? Est-ce que les samedis EXISTENT ici ?
Et pourquoi est-ce que je ne suis pas en train de hurler, de pleurer de rage et de m’arracher les cheveux alors que j’aurais toutes les raisons de le faire ? Lorsqu’on est confronté à l’impossible, est-ce qu’on n’est pas censé perdre la raison ? Peut-être qu’à cause de mes rêves si vivants… quoi que « rêves », je ne suis pas certaine que ce soit le mot juste. Des visions, peut-être. Ou mieux encore, des prémonitions. Ça se rapprocherait davantage de ce qu’il se passe ici. De la magie.

Oui, c’est ça, de la magie. Apparemment, je suis censée accepter sans me poser davantage de questions que la magie existe. Ce qui est impossible. Mais peut-être pas aussi impossible que ça, parce qu’ici la magie existe bel et bien. Et « ici », c’est aussi bien partout que n’importe où.
(Je continue sur la page suivante)

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Et pourtant, malgré toutes ces impressions bizarres, je me sens… normale. Pour une raison étrange et inexplicable – et même s’il faut encore que je m’habitue à certaines choses – j’accepte cet endroit. Je le trouve étonnamment familier, d’une certaine façon. Et bien que j’ai parfois envie de rentrer chez moi, comme en ce moment, je ne panique pas. Pas du tout. Juste un petit peu.

Oh, et il faut que j’écrive ce nom avant de l’oublier : Brian Westhouse. C’est la dernière chose que Cortez m’a dite, de rentre visite à Brian Westhouse chaque fois que j’aurais envie de rentrer chez moi.

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Vestrum Tobias vient de me raconter « L’histoire de l’Equilibre », et j’ai préféré noter tout ça par écrit tant que c’était encore frais… Ça, pour une histoire mystérieuse… J’ai bien un peu perdu le fil, à moment donné, mais bon, personne n’est parfait…

Je crois que j’ai quand même réussi à comprendre l’essentiel. Il existe deux mondes, le premier, c’est Stark, le monde de la science – celui que j’appelle la Terre – et le deuxième, c’est Arcadia, le monde de la magie – celui que les gens d’ici appellent la Terre. Deux Terres, donc, ça se complique déjà un peu, mais c’est rien comparé à ce qui suit. Il y a très très longtemps de cela, il existait une seule Terre, dans laquelle magie et science coexistaient. Mais les hommes ont toujours eu pour habitude de tout déglinguer, et ils n’ont pas failli à cette règle sur la Terre originale. Ils sont devenus trop puissants, ont appris à déplacer les étoiles et à se prendre eux-mêmes pour des dieux, grâce aux pouvoirs combinés de la magie et de la science. C’est alors qu’une race extra-terrestre, les « Draickins » a décidé d’intervenir pour empêcher les hommes de détruire leur propre monde.

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L’un de ces fameux « Draickins » a fondé le mouvement religieux de la Sentinelle, les Pères, comme ils s’appellent entre eux, qui se sont auto-proclamés gardiens de l’Equilibre entre la magie et la science. La Sentinelle a joué un rôle décisif dans la division de la Terre en deux « dimensions » ; Stark et Arcadia, la science et la magie. Ils ont également chargé une femme de contrôler et canaliser l’Equilibre entre les deux mondes ; une Gardienne de l’Equilibre qui vit dans une tour, dans une sorte de semi-royaume, et qui est remplacée tous les mille ans par une nouvelle Gardienne.

La vie a continué comme ça, pendant des centaines d’années, jusqu’à ce que la Sentinelle soit déchirée par des querelles internes, et que les prêtres Starkiens de la Sentinelle décident de faire scission avec leurs frères d’Arcadia pour fonder un nouveau mouvement religieux qu’ils ont appelé les Eclaireurs. Les Eclaireurs souhaitent la réunification des deux mondes, et ils pensent que la seule façon d’y arriver est d’ôter tout pouvoir au Gardien (ou à la Gardienne). C’est ce à quoi ils s’emploient depuis quelques centaines d’années : ils détruisent les gardiens potentiels en pratiquant des expériences sur eux, ou des trucs de ce style.

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Je commence à avoir des crampes à force d’écrire. Je me demande encore comment j’ai fait pour me souvenir de la moitié de tout ça ! Bref, le Gardien en fonction ne pouvait plus s’acquitter de sa mission, et il a abandonné sa tour au milieu de nulle part, ce qui fait que maintenant, l’Equilibre est en danger. Apparemment, le chaos représente une menace sérieuse pour Stark comme pour Arcadia. Ce qui me rappelle mon, euh, rêve… je ne suis pas certaine que ce soit le mot juste… avec le machin du Chaos des ténèbres, le vortex, qui m’a attaquée. C’est probablement un présage de ce qu’il va se passer si personne ne fait rien pour sauver l’Equilibre.

Et je suis de plus en plus persuadée – ça se passe toujours comme ça avec ces trucs là – que cette personne, c’est MOI. Parce qu’apparemment, je suis une Franchisseuse hors pair. Il faut que quelqu’un trouve le Gardien, le ramène dans la tour pour sauver l’Equilibre, puis s’occupe des Eclaireurs et leur fasse prendre conscience qu’ils se mêlent de choses qui ne les regardent pas.

De la rigolade quoi ! Je règle tout ça avant le petit-déjeuner !

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Samedi après-midi

Bon, alors j’y retourne (et ça n’a pas été de gaieté de coeur, croyez-moi !), et Cortez consent ENFIN à tout me raconter. Et nous avons un plan. Il me paraît bon, mais faut bien avouer que les plans et moi, ça fait deux. Je serais plutôt du genre « advienne que pourra ». Mais maintenant, on a un Plan (avec un ‘P’ majuscule, en plus !).

OK, donc nous (Cortez et moi) devons trouver ce Gardien, la clé de son « royaume » (un disque ancien en pierre, et serti de quatre joyaux), et le chemin qui mène à cet endroit (parce qu’apparemment, personne ne sait où ça se trouve…). Et en plus de tout ça, je suis censée rétablir l’Equilibre. Et aussi faire la lessive, probablement !

Quand je pense qu’il y a seulement deux jours de ça, le seul truc dont il fallait que je me souvienne, c’était si un client avait commandé un double café-crème ou un cappucino… Y’aurait beaucoup à dire… Mais bon, demain matin, je vais essayer de me procurer des informations sur les Eclaireurs. C’est parti !

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Dimanche 30 juillet 2209

Les dimanches sont faits pour dormir. Les dimanches sont faits pour traîner en tenue décontractée, pour regarder des films, pour se remettre des excès de la veille et pour aller boire un pot avec des amis au café. Les dimanches ne sont PAS faits pour se rendre dans le quartier le plus pourri de la ville à la recherche d’un gamin censé vous fournir les informations nécessaires pour infiltrer une puissante société secrète qui envisage de prendre le contrôle de l’univers. C’est pour ça que les lundis ont été inventés !

OK, OK, il semblerait donc que le monde soit en danger de mort, et que la seule personne capable d’empêcher le chaos le plus total, ce soit MOI. Et ce matin, il faut que j’aille dans la rue de l’Espérance pour parler avec ce prêtre appelé Raul à la cathédrale, pour qu’il me dise où je pourrai trouver Warren Hughes.
Cher Journal, note perso ; la prochaine fois où t’entends quelqu’un prononcer le mot « destin »… prends tes jambes à ton cou !

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Dimanche

Je suis allée à la cathédrale de la rue de l’Espérance et j’ai rencontré le Frère Raul. Un type plutôt sympa. Il m’a dit que Warren crèchait au 87, un peu plus bas dans la rue de l’Espérance.

Le 87 de la rue de l’Espérance ! Pas vraiment l’endroit le plus accueillant de la ville. Ce serait plutôt du genre « tire une fois, puis une deuxième, et appuie encore deux ou trois fois sur la gâchette avant de poser des questions ». Et je suis même pas certaine que la partie « poser des questions » soit toujours d’actualité.

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Suite des réjouissances dominicales (à ce rythme, je suis bonne pour acheter un nouveau journal avant la fin de la semaine)

Warren Hughes n’est pas un mauvais bougre, finalement. Il n’a pas eu de chance, c’est tout. Il a joué aux durs, mais je sais bien que c’était de la frime. Bref, il accepte de nous aider, mais à condition que je lui rende quelques petits services d’abord. Va falloir que je joue aux hors-la-loi, en plus !

Sa soeur et ses parents ont été envoyés dans les colonies, et il voudrait les retrouver. Il faut donc que je fouille dans les archives de la police pour mettre la main sur le maximum d’informations. Pendant que j’y serai, j’essaierai aussi de voir si je trouve quelque chose sur les Eclaireurs, ou sur l’Eglise de Voltec, puisque ça semble être leur couverture ici à Stark.

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Toujours dimanche (surprise !)

Je suis entrée, je suis ressortie, j’ai toutes mes chances dans le grand banditisme, aucun doute ! Ce que je suis contente ! Mes parents seraient très fiers de moi. April l’As du Crim’. Pour vous servir.

Enfin… Au moins, j’ai le nom et l’adresse de l’ami de Warren, le fameux Burns Flipper (comment est-ce qu’on peut porter un nom pareil ?). Son atelier se trouve sur les docks de Newport, dans un vieux garage. Il faut frapper trois coups à la porte, d’après ce que m’a dit Warren. Non sans blague… et faut pas dire « Sésame ouvre-toi ! » tant qu’on y est ?

Avec un peu de chance, ce type – euh, « Flipper » – pourra m’aider à localiser les Eclaireurs/l’Eglise de Voltec. Cet après-midi, je dois revoir Cortez et j’aimerais autant avoir des infos béton à lui communiquer.

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Burns Flipper. Un excentrique, sans aucun doute. Et un enfoiré aussi. Sans oublier salopard, pauvre type et débile complet. Mais raisonnablement civilisé. Et indéniablement intéressant. Certains diraient énigmatique. Pas moi, en tout cas. Je n’utilise jamais le mot « énigmatique » pour décrire une personne ni quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

Mais ce type m’a bien aidée, et il est arrivé à décoder ce cristal crypté que j’ai trouvé dans les archives. L’Eglise de Voltec est apparemment liée à MTI, et leurs quartiers-généraux se trouvent sur l’avenue Grendel, mais je ne pourrai m’y rendre que si j’ai accès aux niveaux supérieurs de la ville. Et inutile de compter qu’ils me fassent cette fleur, vaut mieux que j’oublie. « Le Flipper » peut peut-être m’aider pour ça aussi, mais ça va me coûter les yeux de la tête, et à moins que je trouve une unité antigravité de rechange pour son siège, je… j’ai aucune chance.

Bon, où est-ce que j’ai vu une unité AG aujourd’hui ?

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Dimanche, fin d’après-midi

Je viens de surprendre une conversation entre Raul et Cortez, et je me sens soudain très très inquiète. Le fait est que je ne connais pas vraiment ces personnes, que je ne suis plus en mesure de dire qui sont mes amis, et qu’il se passe des choses que j’ai bien peur de ne jamais pouvoir comprendre. C’est quand même hallucinant que j’aie accepté de croire tout ce qu’on ma dit ces jours-ci sans me poser davantage de questions sur les motivations de ces gens… ça ne me ressemble pas du tout. Je suis du genre parano, d’habitude.

Mais je vais me montrer plus prudente à partir de maintenant, et je ne ferai plus confiance à personne, pas sans bonne raison en tout cas. C’est pas que je pense que Cortez envisage de me poignarder dans le dos ou autre ; je suis sûre que ses raisons sont excellentes. Mais j’aime pas qu’on me cache des choses, surtout quand on attend autant de moi. Et avec une situation aussi compliquée… non vraiment, j’aimerais bien savoir ce qu’il se trame, c’est tout.

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Dimanche soir ou lundi matin… je sais pas trop… mais il est très tard

Un bruit étrange me réveille au beau milieu de la nuit, et lorsque j’ouvre les yeux, ma chambre baigne dans une lumière froide et bleue qui semble venir du placard. Oh, OK, un rêve, apparemment. Ça ne fait aucun doute. Des trucs pareils n’arrivent jamais dans la réalité.

Sauf dans MA vie à moi. Tout le temps. Il y avait un passage dans mon placard, et avant même de m’en rendre compte, je me suis retrouvée une nouvelle fois en Arcadia… La fois précédente, Cortez m’avait aidée à trouver le chemin du retour, mais j’ai bien peur que cette fois personne ne vienne à mon secours. Je suis toute seule. Et j’aime pas ça du tout.

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J’ai eu droit à une foule d’invitations bizarres dans ma vie. Il y a un mois de ça, un type – que je connaissais à peine – m’a invitée à la soirée qu’il organisait pour son suicide en me donnant une carte qui disait « Le dernier cri de Steve ! ». J’ai aussi été invitée à un mariage entre une femme de 99 ans en phase terminale d’une maladie incurable et un automate chargé de la construction d’autoroutes. J’ai été invitée à un bal du troisième âge par le père de ma meilleure amie.

Mais je crois que l’invitation la plus étrange de toutes est celle de ce soir.

C’est bien la première fois que j’accepte une invitation avant qu’on me la propose, surtout de la part d’une créature dont l’élocution frôle la nullité (et encore, je suis généreuse), et en ne m’en rendant compte qu’après-coup. Mais contrairement aux invitations que je viens de mentionner, celle-ci, cependant, je pense que je vais m’y rendre. Car bizarre ou pas, elle apportera peut-être une réponse à certaines de mes questions.

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Lundi. Je sais pas trop à quoi ressemble le calendrier arcadien (ni marcurien), mais chez moi, ce serait le 31 juillet. Au fait, tant que j’y pense, on est en quelle année ici ?

Enfin, c’est pas grave, c’est pas ça que je voulais noter dans mon journal. Tobias m’a parlé d’une bibliothèque où je pourrais peut-être trouver certaines réponses. Elle se trouve dans l’enclave de la Sentinelle, juste en dehors de la ville, et je suis censée parler à un Minstrum appelé Yerin. C’est le Gardien des livres ou un truc comme ça, ce qui doit probablement vouloir dire bibliothécaire.

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Brian Westhouse vient de me dire quelque chose que je ne dois pas oublier. Il a dit qu’il avait entendu parler d’un peuple ailé qui observe et consigne les événements historiques. S’ils ont des archives qui remontent à des milliers d’années, ils en savent peut-être davantage sur le disque, les joyaux ou même l’entrée du Royaume du Gardien.

J’ai rien à perdre à vérifier.

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J’en ai ma claque des vieux marins et des longues histoires sans queue ni tête !

J’ai quand même réussi à arracher quelques infos utiles au vieil homme. Il affirme que le dieu qui est tombé à la mer (celui dont m’a parlé Abnaxus) est vénéré par des tritons cannibales assoiffés de sang qui vivent dans la Mer des Chants, autour de l’île de Ge’en (je crois que c’est comme ça que ça s’écrit). Le fait qu’ils ne soient pas nécessairement cannibales simplement parce qu’ils mangent des humains ne l’a pas empêché de terminer son histoire. Je me demande aussi jusqu’à quel point ces créatures sont vraiment assoiffées de sang. En fait le monstre qu’il a décrit ressemblerait davantage à une espèce de requin qu’à un triton.

Vrai ou faux, si quelqu’un sait quelque chose sur ce dieu tombé des étoiles, ça ne peut être que les tritons.

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Lorsque j’ai interrogé Abnaxus sur les Draickins, il n’a pas pu me dire grand chose, à part cette histoire d’un « dieu » venu des étoiles et tombé dans l’océan il y a très longtemps de ça. Quoi qu’il en soit, ce serait vraiment un coup de chance si ce soi-disant dieu avait quelque chose à voir avec ces « dragon-kins ». Il faudrait absolument que j’en parle à quelqu’un qui s’y connait en mythes et légendes de la mer.

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J’ai été à la bibliothèque (oui, moi ! dingue, hein…) chercher des infos sur les créatures volantes dont Brian m’a parlé, et avec l’aide de Minstrum Yerin, j’ai trouvé ce que je cherchais. En fait, on les appelle les Alatiens. Une tribu d’Alatiens vit sur une île du sud, Alais. Excellente nouvelle, vu mon goût pour la navigation (le ton est ironique…).

Bon, est-ce que je connais quelqu’un qui a un bateau ?

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Le vieux marin près des docks accepte de me conduire sur l’île à bord du Dragon Blanc si je l’aide à récupérer son oiseau. Est-ce que ce sera difficile ? Je me demande s’il aime vraiment cet oiseau, après tout, il a bien voulu parier sur lui au jeu des gobelets. Hé, oh, c’est pas MES oignons après tout !

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Je suis devenue l’homme à tout faire – non la bonne à tout faire universelle. Je rends service à une personne et BOUM, je parcours les Pays du Nord en long, en large et en travers pour régler les problèmes des autres. Cette fois, il s’agit d’un taré de magicien, pardon, d’alchimiste… quelque part au nord. Il a capturé le vent, vise-moi ça ! Comment peut-on attraper le vent ? Un tour de passe-passe et hop ! Une petite bourrasque ! Mais bon j’y connais rien là-dedans. La magie, ça n’a jamais été mon fort. Il me reste plus qu’à trouver cet alchimiste, ce Roper Klacks pour le convaincre de libérer le vent. Je sais pas combien de temps il nous reste avant que le chaos détruise les mondes, mais j’ai intérêt à me magner le train. Et comme je connais pas bien la topologie des Pays du Nord, il me faut une carte.

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Lundi 31 juillet (j’ai pas la moindre idée de l’année en Arcadia)

Sur la route du nord.

Je me suis fait un pote ! Il est très gentil, très drôle… et c’est un oiseau… qui parle ! Il s’appelle Crow (comme « corbeau » en anglais), mais c’est pas un corbeau. Y’a juste des points communs et il a le même caractère que Crowboy, mon personnage de dessin animé préféré. Il a échappé à son proprio (disons son kidnappeur) et il va m’accompagner dans ma petite « aventure ». Je suis super contente d’avoir quelqu’un à qui parler, et peut-être qu’il pourra me donner un coup de main (façon de parler !) de temps en temps. On s’est mis d’accord pour que je joue de la flûte en cas de besoin.

Tu le vois pas, mais je rigole à l’heure où j’écris !

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Aujourd’hui, j’ai rencontré mon premier Banda (apparemment ici, il faut pas dire « Homme-taupe », ça fait raciste). Il s’appelle Ben-Bandu. Il était vraiment sympa, mais il avait du chagrin. Ben a perdu son frère dans la forêt et il le cherchait. Je lui ai juré que j’ouvrirais l’oeil et j’ai convaincu Crow de faire comme moi. J’espère qu’il va bien. Parce que s’il a eu un pépin, ça voudrait dire que la forêt n’est pas un endroit si sûr que ça…

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Elle m’a bien eue ! J’aurais dû me douter que cette vieille était pas clean. Elle me bavait dessus sans arrêt, elle avait toujours la langue qui fourchait du genre « prisonniers » au lieu d' »invités » et ses dents étaient grandes à faire peur. Mais quand même ! Si on peut plus faire confiance aux vieilles dames qui se blessent la jambe en cueillant des baies dans la forêt, à QUI peut-on se fier ? Hansel et Gretel, solidarité !

Blague à part, on a intérêt à se tailler vite fait avant que la vieille peau ne revienne. Mais comment ?

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Lundi, fin d’après-midi

Waouh ! J’ai passé une SUPER journée ! J’ai rencontré plein de gens nouveaux (dont deux types à fourrure et un oiseau qui parle), tué une vieille sorcière, libéré un Bandu et un village Banda a donné une fête en MON honneur.

Quand je pense que la semaine dernière, l’exploit du jour, c’était de commander de la merguez sur ma pizza au lieu des lardons.

J’ai une pêche d’enfer ! Et je meurs de faim !

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Mardi matin

Je crois que cette nuit, j’ai vécu ce qu’on pourrait appeler l' »éveil à la spiritualité ». J’ai au moins reçu la visite du monde spirituel, quel qu’il soit. Ou alors c’était un rêve d’un réalisme incroyable, mais je parie que non. April, tu crois plus au Père Noël ! Regarde-toi dans les yeux et réalise que le fait d’être une vraie GARCE, c’est pas une occasion à fêter. OK, c’était pas vraiment moi, mais les choses qu’elle a dites m’ont toutes traversé l’esprit un jour… surtout ces derniers temps.

Et Charlie… il m’aime VRAIMENT ? Je veux dire, d’Amour avec un grand A ? Pas la moindre idée. Non, je mens. Je crois que j’avais ma petite idée, mais j’ai pas voulu l’assumer, parce que mes sentiments sont différents. Il est gentil et serviable et… il faut toujours que je flashe pour les mauvais garçons, pour de mauvaises raisons. Comme en ce moment, avec… oh, non, je veux même pas y penser.
Je devrais probablement aller voir l’Ancien.

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J’ai trouvé la première pierre !

C’est drôle, je suis venue là par hasard, je savais même pas que les Bandas gardaient un des fragments du disque. Et le voilà, au creux de ma main. Il est beaucoup plus petit que ce que j’imaginais.. C’est pas plus mal, vu que je vais le trimballer un moment.

Bah, c’est pas si dur ! Je commence vraiment à m’amuser ! Evidemment, comme je suis optimiste, tout va commencer à foirer maintenant.

Encore trois pierres et je peux rentrer chez moi. Quand j’aurai vaincu l’alchimiste maléfique bien sûr. Et écrasé les forces du chaos… Et puis merde, il faut rester positive, là !

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Mardi après-midi 1 août

Toute la journée, j’ai pataugé dans un marécage immonde d’une puanteur… grouillant de créatures à tentacules affamées et de trucs gluants, avant d’arriver au pied du château de Roper Klacks, en fin d’aprem. Ce type habite dans un manoir extraordinaire, en lévitation ! Sans ce mec pétrifié, Lorhan, le château s’envolerait dans les airs.

Lorhan me dit que Roper Klacks a capturé plein de gens dans son château et qu’il enferme leur âme dans une « Pierre des âmes » (un truc de magie noire hyper-original). Si j’arrive à briser cette Pierre des âmes, tous les prisonniers redeviendront des humains, en chair et en os (ou ce qu’ils étaient avant, peu importe).

C’est reparti, il faut que je sauve des gens ! Ça devient une habitude ou quoi ?

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Mercredi matin 2 août 2209

Vestrum Tobias m’affirme que je suis le futur Gardien, le Treizième de la lignée et que mon… destin est de veiller sur l’Equilibre pendant mille ans.

On balance pas un truc pareil comme ça sans avertissement et sans tenir compte du fait que je suis une personne NORMALE ! Si j’avais été élevée en sachant qu’un jour, je devrais aller dans une tour au milieu de nulle part pour y rester MILLE ANS, alors peut-être – je dis bien peut-être – que j’aurais encaissé le choc. Mais là, non ! C’est trop injuste. C’est vrai, j’avais des projets dans la vie. J’ai des amis. Pas beaucoup, mais j’en ai. Une famille… Je sais pas à quel point je compte pour mes proches, mais ils existent. Dans mille ans, il me restera rien, rien qui me rappelle MOI. Je serai paumée et seule. Je sais pas si je peux encaisser. Mais bon, on me demande mon avis ? QUI a le choix dans la vie ?

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Jeudi, fin d’après-midi

je sui supair malade, gé un mal fou à écrire ses kelke maux. escusez l’ortografe. pourquoi fô-til que le batau bouge san arrai ? y peuven pas invanter des bato quireste imobile? i font bien de la magi ? ça me dépasse

nous quitter le port hier soir et gé pas fermer l’oeuil de la nuit. ça tanguait, tangait tangait toute lanuit. et la bouffe, poisson et pommes, poisson et pommmes, poisson et pommes à tous les repas !!! ah super ici ya un peu d’air frais

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Bon, je me sens mieux maintenant, mais ça m’ennuie un peu parce que je veux pas m’habituer à ça ! Je suis faite pour la terre ferme, point à la ligne. Que la terre soit toujours sous mes orteils, comme disait l’Ancien Bandu.

Le capitaine vient d’ordonner au pilote de changer de cap pour échapper à un front de tempête. Je sais que l’intérêt de son équipage passe avant tout pour lui, mais je dois penser au reste du monde. Et à mon monde. Il FAUT que j’atteigne Alais au plus vite. Le temps file et cette tempête née du Chaos n’est qu’un avertissement. Alors en appliquant sur la boussole le talisman que Tobias m’a donné, je crois que j’ai réussi à remettre le cap sur les îles à leur insu. Maintenant, je prie qu’ils s’en aperçoivent pas trop tôt et que la tempête nous rattrape pas. Pour l’instant, j’ai eu du bol. Il faut que ça dure, juste encore un peu.
Il le faut !

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Vendredi 4 août 2209

En mer, et dans une belle merde. Ça m’apprendra. Quand je suis punie, c’est que je l’ai pas volé. J’ai fait couler un navire, j’ai mis en péril la vie de l’équipage et je me retrouve en plein océan, sous un soleil de plomb et pas de terre en vue dans aucune direction. Avec évidemment rien à manger et rien à boire. Au moins, j’ai Crow, c’est déjà ça. C’est pas énorme, mais c’est déjà ça.

Y’a qu’une chose qui me vient à l’esprit maintenant, et ça va pas me mener très loin : crier A L’AIDE!
Si le Dieu de l’Equilibre ou une autre force cosmique m’entend, on pourrait faire un marché ? Vous me tirez de ce pétrin et je vous rends un service. Marché conclu ? D’accord ?

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Capturée ! Kidnappée ! Enlevée ! Par des tritons ! Je suis coincée sous l’eau, dans une minuscule bulle d’air, et pourquoi je panique pas là ? Si je dois paniquer un jour, c’est le moment ou jamais. Je suis claustrophobe ET l’eau me fout la trouille. La situation réunit toutes mes phobies dans un joli petit paquet et pourtant, je suis… relax. Comme si tout allait s’arranger d’un coup de baguette magique.

April… écoute-moi… t’es dans une merde noire ! Comment tu vas faire cette fois ? En te creusant les méninges ? OK. Ça m’aidera à respirer sous l’eau. Ce qu’il me faut, c’est un équipement de plongée. Ou alors des ouïes. Et je dois parler à ces tritons, savoir pourquoi ils ont jugé bon de me « sauver » et de m’emmener ici.

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Jeudi après-midi

La Reine de Maerum pense que je suis peut-être la « Pacificatrice des mers ». Ouais… Après tout, je suis April Bandu-embata et je suis sûrement ce que les Venars appellent la Kan-ang-la, alors pourquoi pas la Pacificatrice des mers ? Seulement cette, fois je dois le PROUVER. La Pacificatrice des mers est censée découvrir l’ancien tombeau et faire la lumière… ce que j’ai fait. Ensuite, il faut que je montre un preuve de ma mission – le talisman, que le capitaine a enfermé dans son coffre-fort – et tuer un claque-mâchoire. Tuer un CLAQUE-MACHOIRE ! Je suis quoi, une Amazone ? Ça se saurait. J’ai du mal à écraser une mouche. Mais pour sortir d’ici…

Le talisman a dû couler avec le bateau. Ce sera dur de le retrouver ?

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Je suis la Pacificatrice des mers. C’est bizarre d’être si banale et si importante. Tellement de gens m’attendaient, ou attendaient que quelqu’un comme moi vienne leur apporter l’espoir… c’est vraiment incroyable. Plus incroyable encore, je peux comprendre ! Je continue de nier, ça, c’est sûr, mais je me fais à l’idée que je suis pas seulement un minuscule grain de poussière dans l’infinité cosmique, mais une personne investie d’une mission, d’une place donnée, d’un but.

En ce moment, mon but est de trouver les Alatiens et de les réconcilier avec les Maerums dans l’intérêt des deux espèces. Ce but atteint, je pourrai découvrir ce que les Alatiens savent, puis rendre visite au dieu qui dort des Maerums. J’espère que cette créature sera un Dragon. Sinon, je sais pas ce que je ferai.

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Samedi, début de matinée.

A la maison, à cette heure-ci, je serais blottie bien au chaud dans mon lit, avec une belle journée devant moi, sans contrainte. Je pourrais me reposer peinarde, peut-être aller au café, glander un peu, ou aller au parc, libre !

Hier, ça faisait à peine une semaine que tout avait commencé. Une semaine de mystères, de danger et de révélations étranges sur la nature du cosmos. Et j’ai pas encore perdu la boule. Au moins, y’a du progrès.

Maintenant je sais qu’il y a un village alatien sur Alais. La question est où ? Et comment on s’y rend ? Si les Maerums et les Alatiens vivaient si près les uns des autres, le village doit être en bord de mer… peut-être juste dans le coin.

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Samedi, vers midi

J’ai trouvé pourquoi l’île n’arrête pas de gronder. C’est pas une éruption volcanique imminente comme je le craignais, mais plutôt le ronflement d’un homme très, très grand, transmis par une sorte de téléphone vers un grand « haut-parleur » au milieu de l’île. Avec tout ces ronflements, personne n’arrive à faire son travail, et ce n’est pas génial. Alors on doit… non, je dois réveiller ce gars, Q’aman. D’une façon ou d’une autre. La clef du problème, c’est de trouver ces « téléphones » dispersés sur l’île.

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J’ai trouvé cette espèce de crabe sur la plage et il avait l’air de souffrir, comme si on l’étranglait doucement ou un truc du genre. C’était vraiment triste, mais j’ai rien pu faire… cette chose est trop grosse et trop dure pour moi. J’ai besoin d’aide, de quelqu’un qui serait grand et costaud. Où je peux trouver une personne comme ça sur l’île ?

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Samedi, fin d’après-midi

Les Maerums et les Alatiens sont bien partis pour forger une union durable, et j’espère que ça leur apportera à tous la prospérité. Ils ont assez souffert comme ça, et je suis contente d’avoir pu les aider à oublier le passé et affronter l’avenir ensemble. OK, April devient un peu trop sentimentale là, mais mets-toi à ma place ! J’ai dû mettre le paquet pour arriver à les faire communiquer, punaise, alors je peux me féliciter !

De toute façon, le voyage continue, cette fois dans le repaire du dieu qui dort. Malheureusement, les Alatiens ont pas pu me renseigner comme j’aurais voulu, mais au moins j’ai une pierre de plus maintenant. Ça fait deux. Et je suis presque certaine que ce dieu, ce Draickin, pourra me fournir des réponses valables. Je l’ai pas volé.

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Samedi soir, 5 août 2209

Cet ancien dragon, le dieu qui dort des maeriens, parlait chinois, comme la plupart des créatures que j’ai rencontrées cette semaine. Bah, au moins il m’a fourgué un des quatre bijoux qui forment le disque de pierre. En plus, il va me présenter le Peuple obscur et apparemment, ils pourront me filer une carte des étoiles où l’entrée au Royaume du Gardien est située maintenant. Dans les étoiles ! Merde, comment je vais monter là-haut ? On verra ça plus tard. Pour l’instant, je vais continuer à me creuser la tête sur ce que le dragon a dit, sur qui je suis, ce que je suis. Il a dit que mon voyage a commencé par une réponse et que c’est que maintenant que je connais la question. Ça veut dire QUOI ? Je sens que je devrais le savoir, que j’ai la réponse sous le nez, mais je vois pas. Je sais pas de quoi il parle. C’est hyper frustrant.

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Début de matinée, dimanche 6 août

Combien y’a de peuples étranges et mystérieux en Arcadia ? Pour une personne « normale » (au sens le plus large du mot), on dirait qu’il y a cinq ou six espèces de créatures bizarres, qui se baladent et parlent lentement pour dire des conneries du genre « Qui es-tu ? » ou « Je connais ta voie, April, et ce n’est pas une voie facile », ou encore « C’est le destin ». Des trucs genre, apprends de nouveaux mots, ouvre-toi à la lumière, porte des plaids, et j’en passe.

Ceci étant dit, j’aime bien le Peuple obscur. Flippant, ouais, et bien à sa place sur la scène gothique, mais ils m’ont donné exactement ce que je voulais – la carte des étoiles et le troisième fragment du disque de pierre – sans discours et sans fil à la patte. Ils m’ont même ramenée à Marcuria, où étrangère ou pas, je me repère à peu près. Si seulement la ville n’était pas si… vide. Et sombre. Qu’est-ce qui se passe ?

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Dimanche matin, retour à « Stark », à Newport

Waouh ! Cette… chose, ce Vortex du Chaos a resurgi. Je dis « resurgi », parce que j’avais vraiment espéré que notre premier rencontre n’était qu’un rêve, mais… je crois que c’était bien réel. Et non seulement il revient, mais en plus on dirait qu’il en a après moi, et il est devenu BEAUCOUP PLUS BALAISE ! Par un incroyable coup de chance (ou plus probable, Cortez), un passage s’est ouvert en pleine nuit et m’a déposée ici, dans la cathédrale. Un peu flippant, mais pratique. Mais pourquoi attendre si longtemps pour me rapatrier ? OK, j’ai accompli presque toutes mes missions en Arcadia (à part le quatrième fragment du disque de pierre et le deuxième bijou arcadien Oeil du Dragon), mais merde, Cortez aurait pu me permettre de changer de sous-vêtements de temps en temps !

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Le Père Raul me dit qu’il a pas vu Cortez de toute la semaine, depuis que j’ai surpris leur conversation dimanche dernier. Ça m’inquiète. En plus, ça veut dire que celui qui m’a ramenée ici, qui m’a aidée à ouvrir un passage, c’était pas lui.

Voyons… ce rêve que j’ai fait, y’a quelques nuits. Je m’en souviens distinctement. J’ai vu Cortez, coincé dans une espèce de machine. Je croyais que c’était qu’un cauchemar. Ce serait pas une vision par hasard ? Non, c’est impossible. Mais il est enfermé où, qui est derrière tout ça ? Je parie dix contre un que les Eclaireurs sont dans le coup.

Il faut que je rentre chez moi et que je réfléchisse.

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Dimanche 5 août. Fin de matinée

Ils ont tiré sur Emma. Ils l’ont tuée. Dieu sait ce qu’ils ont fait à Mickey et à Fiona. Et Zack, ils l’ont flingué aussi, mais je vais pas verser des larmes de crocodile. Il nous a trahi, tous, à cause de moi. Tout est ma faute. Je les ai impliqués, mes amis, et maintenant, Emma est morte, peut-être que les autres aussi, et je sais pas quoi faire, je me sens vidée. Je suis tellement malheureuse ! Je me déteste, mais en même temps, qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? Ils étaient tous embringués dans… on étaient tous embringués dans cette, disons cette farce cosmique. Ça va finir un jour ? Peut-être quand j’aurai accepté mon destin et tout abandonné pour devenir Gardien mais pour l’instant, j’ai… pas le choix, parce que si j’abandonne maintenant, la mort d’Emma n’aura AUCUN SENS. Je dois continuer. Maintenant, plus que jamais.

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Dimanche 6 août, vers midi, et ce matin, ma vie tenait qu’à un fil. Si Dame Alvane m’avait pas « invitée » chez elle (on aurait vraiment dit un passage), j’aurais été capturée et peut-être tuée à l’heure qu’il est. Elle m’a aussi dit qu’Emma s’en sortirait, et même si j’ai aucune preuve qu’elle dit la vérité, je la crois. Il y a quelque chose en elle de si familier que c’en est dérangeant et je peux pas m’empêcher de lui faire confiance. Et puis elle m’a quand même aidée au moment où j’en avais le plus besoin. C’est vraiment étrange, on dirait qu’elle me connaît depuis toujours et je suis très frustrée qu’elle veuille pas m’en dire plus. Au moins, elle m’a emmenée ici, à Marcuria, voir comment les gens réagissent face à la guerre et peut-être pour compléter le disque. Je me demande qui est resté ? Tobias, peut-être. Ou Abnaxus. Je crois pas qu’il partirait sans dire au-revoir. Et Brian. J’arrive pas à oublier Brian. Il faudra que j’aille les voir tous, une dernière fois.

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Marcuria est complètement déserte. Bizarre, comment on dirait une ville fantôme, comment un endroit qu’on connaît bien peut faire peur quand il n’y a plus âme qui vive, quand on entend plus que le vent et la mer. Pourquoi ils sont partis si précipitamment ? La ville n’a pas été envahie – aucune trace de désordre. L’armée des Tyrens ne doit pas être loin pour que tous les habitants aient pris la fuite comme ça. J’ai intérêt à me magner et tout régler avant qu’ils arrivent. Je connais mal ces Tyrens, mais de ce que je sais, c’est pas la douceur qui les étouffe.

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Dimanche, début d’après-midi

J’ai eu la dernière pierre, le dernier fragment du disque de l’Equilibre ! Abnaxus l’avait… je suis ravie, même si je trouve qu’il aurait pu me le dire plus tôt. Ça m’a évité de partir à la recherche d’une autre espèce magique vivant dans un lac de lave, un marécage empoisonné, ou un truc du genre. Je fais quoi maintenant ? Eh bien, ces quatre pierres sont censées former un disque qui sert de clef du Royaume du Gardien. La question est, comment je fabrique ce disque ? Et où ? Tobias m’a dit qu’avant, le disque était conservé dans l’Enclave, c’est un bon point de départ.

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Dimanche 6 août, milieu d’après-midi

J’ai trouvé où on gardait les quatre pièces du disque, dans l’Enclave. Avec l’aide de Crow, j’ai réussi la fonte pour fabriquer le disque de pierre complet. Maintenant, tout ce qu’il me reste à faire, c’est de retirer le disque du bassin de la bibliothèque, trouver le deuxième bijou arcadian Oeil du Dragon et rentrer chez moi. Comment je vais accomplir ces deux dernières tâches, j’en ai pas la moindre idée. Bah, ça me dérange pas plus que ça. J’ai connu pire pendant la semaine qui vient de s’écouler, alors y’a pas de raison que je m’en sorte pas haut la main !

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Encore à la dernière minute, Franchissement ! Comment ça marche ? Qui manoeuvre ce truc ? J’ouvre vraiment un Passage moi-même sans le savoir ? Je ferais ça, alors que ça me flanque une trouille bleue ? C’est pas très pratique.

Mais là, je pense qu’à ma petite personne, un de mes gros défauts. Que deviennent Minstrum Yerin, Brian, et tous ceux que j’ai laissés à Marcuria ? Ils affrontent une armée avec leur courage pour seule défense. Comment ça va se passer ? Je la joue facile. Je peux toujours me tirer. Eux, ils peuvent pas. Ils ont trop à perdre.

Je dois les aider à ma façon, en terminant ce que j’ai commencé. Il faut que je retourne en Arcadia une dernière fois, pour trouver le deuxième bijou Oeil du Dragon. Et je crois savoir où il est, là où tout a commencé. Seule question, comment je vais y aller ? Dame Alvane m’a dit d’utiliser mon don pour concentrer mes puissances. Et mon don, c’est… l’art.

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Dimanche, fin d’après-midi

Le Dragon Blanc est mort, mais il est encore vivant à travers sa fille, il a accompli sa renaissance. Mais savoir que c’était ma mère, la vraie… Je sais pas quoi en penser. C’est vrai ? Oui, je le SENS et puis ça expliquerait beaucoup de choses. Comme le vieux dragon me l’a dit, mon voyage a commencé par une réponse, et c’est maintenant que je connais la question : qui suis-je ? La fille du Dragon Blanc, ce qui fait de moi une Draickin… peu importe ce que ce mot recouvre. Alors je suis toujours April Ryan ? Je suis toujours moi-même ? Je suis même pas sûre. J’ai toujours su que j’avais été adoptée, mais… apprendre que je suis même pas humaine, qu’on m’a envoyée sur terre dans un but précis et que tout ce qui arrive a un sens. Flippant. Tout d’un coup, la perspective de devenir Gardien semble pas impossible après tout. Au moins, ça mettrait fin à tous mes ennuis pour un temps. Ça me plaît pas mal de veiller sur le monde quelque temps. Mille ans.

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Bon, alors voilà mon plan.

J’ai le disque, j’ai deux bijoux Oeil du Dragon, j’ai la carte des étoiles et Burns Flipper devrait avoir mes faux papiers à l’heure qu’il est. Ce qui veut dire que je peux aller avenue Grendel où les Eclaireurs ont leurs quartiers généraux, et avec un peu de bol, je vais découvrir ce qu’ils savent sur le Gardien, s’ils le planquent. Il faut aussi que je déniche quelqu’un qui saura me déchiffrer cette carte des étoiles pour localiser l’entrée du Royaume du Gardien. Après, il me restera plus qu’à trouver les deux autres bijoux. Cortez m’a dit qu’il savait où les trouver, donc il faut que je le trouve LUI. Ça c’est un programme, non ?

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Dimanche 6 août 2209

Début de soirée, juste avant le coucher du soleil. La vie me réserve combien de surprises aujourd’hui ? Et combien d’amis vont encore devoir mourir avant que tout ça se termine ? Deux en un jour, c’est… trop. Cortez. J’arrive pas à croire qu’il ait disparu comme ça. Et que c’était… un Dragon… J’avais même pas pensé… OK, j’aurais dû m’en douter, mais bon, apprendre en une semaine que plusieurs proches étaient des dragons venus d’autres planètes, on s’y fait pas comme ça !

Ainsi Cortez et McAllen étaient les deux Draickins de Stark. Maintenant, j’ai les quatre bijoux, ou je les aurai quand je récupérerai le disque et les bijoux du coffre-fort de McAllen.

Au fait, une chute pareille, ça tue les dragons ?

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Quand je suis retournée voir le Flipper pour me rancarder sur la carte des étoiles, une surprise m’attendait. Ce bon vieux Gordon, mon meilleur ami au monde l’avait flingué et laissé pour mort. A mon arrivée, Flipper était en train d’agoniser et j’ai appris qu’il m’avait trahie… Il avait pas le choix, contrairement à Zack… et lui, au moins, il s’en voulait. Il a réussi à me filer les tuyaux que je voulais avant de… Gordon a emmené le Gardien dans un terminal de correspondance appelé l’Etoile du Matin. L’entrée qui mène au Royaume du Gardien, est située à proximité du terminal. Alors il faut que j’aille LA-BAS d’une manière ou d’une autre. Il est temps de repenser tout ce programme de colonisation. Finalement, peut-être que ça sert à quelque chose.

Ce voyage devient sacrément long, de Newport à Alais, et dans l’espace. Dommage que je sois pas payée au kilomètre !

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Lundi 7 août 2209

Je suis dans l’espace. Dans l’espace ! Tu le crois ? Tout bien considéré, le voyage a été plutôt peinard et ma tenue de colon de la B/M me va plutôt bien. Mais assez plaisanté, j’ai du pain sur la planche. Il faut que j’échappe à ces colons avant qu’ils m’embarquent pour une planète lointaine. Ensuite, je dois libérer le Gardien coûte que coûte et repartir avec lui dans l’espace, pour ouvrir le trou de vers. Quand on sera à l’intérieur du Royaume du Gardien, on pourra rentrer chez nous. J’espère.

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Adrian m’a expliqué qu’en arrivant dans le Royaume du Gardien, je devrai passer trois épreuves pour atteindre la tour. La première est l’épreuve de Force, la deuxième est l’épreuve de l’Esprit, et la troisième est l’épreuve de la Matière. Etant donné tout ce que j’ai subi ces derniers jours, je me fais pas trop de souci, mais on sait jamais. Mieux vaut se préparer.

N’empêche, je me demande vraiment ce qui me fiche le plus la trouille ? Maintenant que je peux RESPIRER sous l’eau, j’ai plus vraiment de phobie. Bon les araignées… ouais, elles me répugnent, mais j’ai bien vaincu Gribbler. Je crains plus aucune créature, grande ou petite. Non, ça doit être quelque chose de plus personnel, un blocage… Mais quoi ?

 
23 décembre 2012